Pendant notre escapade shopping en centre ville, nous avons passé un bon moment dans une boutique de Commercial Arcade qui vend toutes sortes de vieilleries. Livres, tapis, vaisselles, timbres, illustration, cartes postales. En ce moment, j'essaie de récupérer des cartes anciennes de tous les endroits dans lesquels j'ai vécu ou que j'ai visités. J'ai des critères précis : l'endroit doit être reconnaissable, la carte doit être colorisée. Je commence tout juste ma collection.
J'ai donc fouillé dans les bacs pour trouver des cartes de Guernesey qui correspondait à ces critères. J'en ai ramené 3 et grâce à l'IA j'ai trouvé plein d'info sur elles.
Ce qui est drôle c'est qu'en les sélectionnant sur l'esthétique de leur recto, j'ai collecté 3 cartes dont le verso est très représentatif de l'époque.
La première carte a été choisie car elle représente une des nombreuses ruelles en escaliers de Guernesey. Elles servent de raccourcis dans le centre ville pour passer de la ville basse à la ville haute. Je n'ai pas emprunté celle-ci en particulier, mais elles se ressemblent toutes donc je l'ai tout de même prise.
En la soumettant à plusieurs IA recto verso, voici ce que j'ai appris :
- c'est une carte de luxe pour l'époque (1900-1910). Elle a été imprimée en Angleterre par un éditeur londonien, fournisseur officiel de la Couronne.
- Elle représente une scène quotidienne de la vie de Guernesey car les habitants de ces ruelles avaient l'habitude de se reposer sur les marches comme on le voit.
- Elle n'a pas été postée car il s'agit de la carte d'une jeune fille à son amoureux et elle a probablement été mise sous enveloppe et remise en main propre. Elle le remercie pour un cadeau reçu probablement à l'occasion de Noël car elle parle de la nouvelle année. C'est un mélange de propos romantiques "your little sweetheart" "darling love" et de références religieuses typiques de l'époque.
La deuxième carte représente la rue commerçante de St Peter port avec l'église au fond. C'est un endroit que nous connaissons bien. Elle a été postée en 1910 après la mort du Roi Edward Vll, ce sont donc les derniers timbres à son effigie.
- C'est une carte d'un éditeur de Londres très connu mais moins prestigieux que le premier car il vise les classes populaires. Le papier est moins épais et il n'est pas glacé comme l'autre.
- Elle représente elle aussi une scène populaire de la vie de l'île.
- Elle a été postée par une nièce à sa tante juste pour l'informer que sa mère ne lui rendrait finalement pas visite dans la semaine. C'est l'équivalent d'un SMS actuel. Le courrier était déposé plusieurs fois par jour et l'on pouvait envoyer des messages courts de ce type avec l'assurance que ça serait déposé rapidement au destinataire. On pouvait également envoyer une carte uniquement signée, juste pour l'image. Une sorte d' instagram du siècle dernier.
Elle est écrite en français, l'auteur comme la destinataire sont françaises vu leur prénoms et noms.
La troisième carte est une vue du port et du château. Elle a été postée en 1904.
- C'est un éditeur local qui produisait des cartes des îles anglo normandes avec des vues vraiment typiques. Elle est divisée en 2 avec une partie pour la correspondance et une pour l'adresse ce qui montre que même un éditeur local suivait cette norme validée en 1902 par Royal Mail.
- elle ne comporte aucun message et n'a même pas été signée.
- Elle est envoyée à Paris, Faubourg Saint Honoré
- Il s'agit probablement d'une carte pour collectionneur. A l'époque, les cartes postales étaient très à la mode et de nombreuses personnes les collectionnaient. Une année, il s'en est vendu 800 millions en Angleterre. Quand on postait une carte à l'attention d'un collectionneur, on n'écrivait rien dessus et on ne signait pas. Il fallait juste un timbre + un tampon postal + l'adresse du collectionneur et la carte devait être un lieu emblématique, d'où le choix du port. Il est même possible que l'expéditeur soit la destinataire. Les collectionneurs postaient leurs cartes pour obtenir le fameux tampon postal et enrichir leur collection. Celle-ci a d'ailleurs été postée de Jersey et pas de Guernesey. Ou alors c'est une personne qui souhaite juste informer qu'elle a quitté Guernesey pour Jersey mais dans ce cas, elle aurait sans doute signé.
En moyenne, envoyer une carte postale était l'équivalent du prix d'un café aujourd'hui entre la carte et le timbre. C'était donc très abordable et pas réservé aux classes supérieures. Comme en plus, on n'avait même pas besoin d'écrire, c'était vraiment l'équivalent d'un sms ou d'insta pour beaucoup de gens. On pouvait par exemple, envoyer une carte juste pour dire qu'on était bien arrivé dans tel lieu, le destinataire comprenait le message en voyant l'image. C'était pratique et populaire !
Quand on avait vraiment quelque chose à dire, on écrivait une lettre cachetée et pas une carte postale.
Pour envoyer une carte en France, il fallait payer le double du tarif domestique ce qui restait bon marché.
Et voilà ce que l'on apprend avec juste 3 cartes postales postées il y a 120 ans !
Il y avait également des cartes de Jersey, mais je n'en ai pas trouvé qui correspondent à mes critères. Les endroits étaient trop peu reconnaissables car jersey a beaucoup changé.
J'ai fais mes recherches en dégustant un thé earl grey. J'en ai pris toute une réserve car pour un peu plus cher que la boîte de 20 sachets en France, j'en ai 80 ce qui n'est pas rien vu la consommation que j'en fais. Parfait avec une part de gâteau ! J'ai également acheté des chocolats locaux, mais ça ne vaut certainement pas les chocolats belges ou suisses ! Ceux de Jersey en revanche sont très bons !